« Le sport a le pouvoir de changer le monde. Il a le pouvoir d’inspirer. Il a le pouvoir d’unir les gens comme peu d’autres choses le font. Le sport parle aux jeunes dans une langue qu’ils comprennent. » déclarait Nelson Mandela. L’effet rassembleur du sport lors des JOP 2024 de Paris nous l’avons vécu comme une parenthèse enchantée. Ainsi sur les terrains ou dans les gradins, le sport rassemble.
Dans nos pratiques subaquatiques, nous vivons régulièrement ce potentiel considérable de création de nouvelles orientations que nos activités sportives peuvent générer. Je ne parle pas ici du sport compétition, mais de la pratique toute simple qui est une puissante plateforme mobilisatrice d’éducation, d’insertion, de santé. Le sport est un fait social qui produit du lien social, si important à l’époque de l’addiction aux écrans devenus tout-puissants. Une force de changement et un catalyseur durable pour connecter les jeunes aux valeurs de respect de l’autre et du milieu. L’inactivité physique et la sédentarité, notamment des jeunes, sont un risque réel sur le bien-être futur.
Intégrer au sein de la fédération les enjeux de santé, d’inclusion, d’éducation et d’environnement aura été un axe directeur de ces récentes années, un nouveau récit fondateur pour nos pratiques subaquatiques, en parallèle des politiques publiques de l’État. Mais le succès des JOP de Paris masque mal la forêt des défis structurels auxquels le modèle sportif français est confronté. L’instabilité gouvernementale a stoppé toute évolution de fond et annulé l’héritage des Jeux qui était promis… « Le modèle économique français sportif est fragile et dépendant, avec une déconnexion croissante entre l’offre sportive institutionnelle et la demande citoyenne. » écrivait Patrick Roult sorte de penseur du sport, chef de pôle sport à l’INSEP.
Un plaidoyer pour le bénévolat sportif dans ce pouvoir de changer le monde, je voudrais ici parler du monde associatif qui est une source d’inspiration. Sans bénévoles, il n’y a pas d’association. Contribuer à un bien commun est une expérience enrichissante. « Le meilleur moyen de se trouver est de se perdre au service des autres. », soulignait Gandhi. Reconnaître le bénévole au quotidien, c’est mettre en avant l’utilité de son action, c’est savoir le remercier pour son engagement, c’est valoriser ses actions et ses compétences transférables. Le triptyque bénévolat-sport-engagement contribue à la vitalité de nos activités, à l’épanouissement personnel et à la construction d’une société plus solidaire. Un Français sur 10 déclare être bénévole dans une association sportive selon l’observatoire de l’INJEP (Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire). Le sport est le secteur qui rassemble le plus grand nombre de bénévoles en France. Une grande enquête sur les besoins des bénévoles au sein du mouvement sportif a été ouverte en novembre dernier par le CNOSF. Ceci devrait déboucher sur une feuille de route structurante fondée sur trois priorités : animation, formation et reconnaissance des bénévoles. Une étude du Centre de droit et d’économie du sport estime la valorisation économique du bénévolat sportif entre 5 milliards (valorisation au niveau du SMIC) et 10 milliards (valorisation au salaire moyen de la branche), en sachant que le sport lui-même pèse au total 2,7 % du PIB, soit 78 milliards d’euros. Il est incontestable que le mouvement sportif pèse favorablement dans l’économie française. Le bénévolat dans le sport génère une ressource productive non rémunérée qui est importante, mais son utilité sociale n’est pas soluble dans une simple valorisation monétaire (!). Il est vecteur d’une sociabilité et d’un engagement du quotidien. C’est ainsi un opérateur incontournable de solidarité. Et à notre échelle, nos activités subaquatiques se vivent et se pensent pour tous et tout au long de la vie, autant dans le loisir qui épanouit et qui construit que dans la performance sportive qui fait rêver.
Frédéric Di Meglio, président de la FFESSM