


Les écosystèmes marins côtiers abritent une biodiversité remarquable qui repose en grande partie sur des espèces fondatrices comme les coraux, les mangroves ou les herbiers marins.
Ces architectes des habitats sous-marins jouent le rôle de refuge mais aussi de garde-manger pour de nombreuses autres espèces.
Ils contribuent aussi à stabiliser leur environnement, en limitant les variations de température et l’acidification ou en atténuant l’énergie des vagues.
À l’instar des forêts, bocages et haies terrestres, ils créent des microclimats sous-marins

Pour réussir à quantifier ce qu’apportent les espèces fondatrices pour la biodiversité côtière à l’échelle mondiale, une synthèse systématique et quantitative a été réalisée par l’Ifremer et l’Université de Bretagne Occidentale (UBO)
Plus de 300 (308 précisément) articles scientifiques internationaux ont été décortiqués.
Les résultats permettent, pour la toute première fois, de chiffrer l’apport des espèces fondatrices.
En moyenne, ces paysages sous-marins accueillent 72% de biodiversité de plus que les fonds marins sableux ou rocheux.
L’étude, à télécharger ici, souligne aussi que chaque espèce fondatrice héberge une faune qui lui est propre, renforçant ainsi son rôle irremplaçable dans la biodiversité côtière.

Ce travail intervient alors que les espèces fondatrices ont connu une baisse généralisée au fil du dernier siècle, tant dans leur quantité que dans leur diversité de structure, entraînant par réaction en chaîne une chute de la biodiversité dépendante, et un appauvrissement des milieux.
En 2025, par exemple, 44% des espèces de coraux constructeurs de récifs et 50 % des écosystèmes de mangrove figuraient sur la liste rouge mondiale de l’UICN.
L’étude, réalisée dans le cadre Trident, a également mis en lumière que des espèces fondatrices comme les éponges ou les vers marins contribuent, elles aussi, fortement à la diversité du vivant.
Ces nouveaux éclairages seront précieux pour la communauté scientifique et les gestionnaires des littoraux. D'autant que la disparition de ces habitats mène à une homogénéisation des paysages sous-marins, compromet le fonctionnement des écosystèmes et favorise le développement d’espèces invasives...

